Vous la réclamez à grands cris,alors la voici, la suite de notre histoire à 18 mains !!!

Pour ceux qui l'ont ratée, voici la première partie (à (re)découvrir ICI)

Et je ne voudrais pas risquer de briser le mystère mais il parait que la fin va être DU TONNERRE (Steph, tu as la pression non ?) !!!

Bref, voici donc, sans plus tarder, ce qui arrive à la jolie Claire :

 

Quand elle les ouvrit à nouveau, ...

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… le tourbillon qui l’agitait avait déjà un peu ralenti. Elle se leva. Puisqu’elle avait fait tout ce chemin, autant y aller maintenant.

« Tout ce chemin, et pour quoi ? » Ce soir-là, arrivée en bas de chez elle, Claire resta un instant immobile derrière le volant de sa voiture. Elle avait envisagé mille cas de figure, mais elle était surprise d’être finalement aussi calme. Elle avait attendu ce jour pendant si longtemps… elle s’était répété les phrases, les questions à poser. Tellement de questions… et que lui restait-il à présent ? Cela n’avait même pas duré si longtemps que ça.

Elle se souvenait du claquement beaucoup trop fort de ses talons sur le dallage du couloir, du dossier inconfortable de la chaise où elle s’était assise, du verre d’eau qu’elle avait gardé entre ses mains pour les occuper. Le reste était un peu flou. Il y avait surtout ce regard, ces yeux à la fois familiers et étrangers, où elle avait souhaité retrouver quelque chose. Mais peut-être que cette chose avait été perdue depuis trop longtemps.

Elle avait passé le reste de la journée à déambuler au hasard des rues, et à finir son paquet de cigarettes. L’agitation du matin avait laissé place à un grand vide. Elle s’était trouvée tout à coup incapable de comprendre pourquoi elle avait tant attendu ces retrouvailles. Claire secoua la tête. Elle se sentait un peu idiote d’avoir trop espéré.

Se lancer du haut de la falaise lui avait demandé pas mal de courage, mais elle se rendait compte que ce saut n’était rien à côté des choix qui l’attendaient. Elle soupira. Pour le moment, il fallait surtout rentrer à la maison, c’était presque l’heure du repas.

Le temps qu’elle arrive sur le palier, un sourire s’était déjà dessiné sur les lèvres de Claire. Quoi qu’il arrive : sa famille, elle était là.

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Une fois les filles couchées, comme tous les soirs, Claire se retrouvait seule à attendre le retour de Sébastien.

Allongée sur le canapé, au bord de la nausée, le souvenir de cette journée ne cessait de la hanter. Elle sursautait lorsque son téléphone vibra sur le parquet. Elle regarda le numéro qui s’affichait sur l’écran. C’était celui de Diego ; l'agent  qu'elle avait rencontré le matin même et qui semblait vouloir foutre en l'air tout ce qu'elle s'était acharné à construire. Elle regarda longuement le téléphone avant de se décider. Au fond d'elle, elle savait pertinemment dans quel « merdier » elle mettrait les pieds en décrochant.
- Qu’attendez-vous de moi ? demanda-t-elle
- Il est temps de terminer le travail !

- Quel travail ? Je ne comprends toujours rien et je ne vois vraiment pas ce que je peux faire pour vous aider. Je vous ai dis lors de notre entretien que je n'appartenais plus à ce passé. J'ai refait ma vie loin de ce monde et croyez moi, vous devriez en faire autant cela vous rendrait certainement un peu plus aimable.

Le ton employé par Claire ne semblait pas être du goût de Diego. Elle n'avait visiblement rien perdu de son caractère.

- Vous n'avez pas le choix. Une voiture vous attendra demain à 9h30 au coin de votre rue. Ne soyez pas en retard, nous avons déjà trop attendu.


- Mais, c’est impossible ! Je ne peux pas laisser ma famille comme ça, il faut que je prépare mon départ !
- Comme je viens de vous le dire, vous n’avez pas le choix, la mission doit être terminée.
- Mais de quelle mission me parlez-vous enfin et pis que se passerait-il si je venais à refuser ?

- Vous pourriez dire adieu à votre jolie petite famille. A demain, Claire.

A ces mots et pour avoir côtoyés ces gens là, Claire savait que ce genre de menaces n'étaient pas à prendre à la légère. Elle raccrocha et couru jusqu’aux toilettes pour vomir tout ce passé qui remontait à la surface. Le goût était amère.

Sébastien allait rentrer d’une minute à l’autre. Claire devait reprendre ses esprits au plus vite et devait planifier son départ.

Lorsqu'il rentra, rien ne sembla changer de d'habitude. Il lui demanda comment s'était passé l'entretien. « Sans intérêt » lui répondit-elle. « Je ne pense pas convenir pour le poste. Ce n'est pas grave continua t-elle d'autres occasions se présenteront un jour où l'autre. Et puis ma carrière me satisfait pleinement. Je ne sais pas ce qui m'a pris de répondre à cette annonce. C'était une grossière erreur. Oublions et dînons, que dirais-tu d'un verre de vin ? »

La soirée se termina comme la matinée avait commencé à deux -amoureusement- installés l’un à côté de l’autre, autour d'un dîner face à la fenêtre qui donnait sur la cour. Ce soir là, ils discutaient de tout et de rien, un verre de vin à la main. Et une fois de plus, Sébastien porté par cette ambiance ne manqua pas de lui faire part de son désir d'avoir un autre enfant ...

Le lendemain et après le départ de sa famille, Claire se rendit dans le dressing et prépara son sac. Elle ouvrit le petit coffre qui se trouvait sous ses nombreuses paires de chaussures et en sortit une fiole remplie de liquide translucide qu’elle glissa dans la doublure de son sac. Elle n’avait plus le temps, il fallait partir au plus vite.

Dire qu'elle avait cru se rendre à un banal entretien d'embauche. Elle s'imaginait diriger l'un des plus grands laboratoires pharmaceutique de France. Certes, lorsqu'elle avait lu l'annonce, elle avait eu la surprise de voir que certaines des qualifications demandées étaient exactement les siennes.

« C'est l'opportunité de ma vie » s'était-elle dit en partageant cette annonce avec Sébastien, son premier soutien ; sans penser une seconde à la surexposition qu'exigeait ce poste ni même à la charge de travail que cela pouvait représenter. A ce moment, elle regardait vers l'avenir et avait pendant quelques minutes oublié son passé.

Cela aurait du lui mettre la puce à l'oreille. Quelle entreprise normale recherche une chargée de projet ayant une connaissance de l'Asie et une expérience professionnelle aux Etats-Unis ? A part eux, qui savait qu'elle parlait l'anglais, le russe, l'arabe et l'hindi ? « Connaissance du russe et de l'arabe indispensable. L'hindi serait un plus » Qui poste ce genre d'annonces ?

Ils le lui avaient avoué lors de l'entretien. Une fois sûrs qu'elle avait trouvé refuge en France, ils avaient mis les grands moyens pour la retrouver : cette annonce, identique, était passée dans toutes les régions de France. Ils avaient reçu tout de même une cinquantaine de candidatures mais avaient tout de suite compris à la lecture de son CV que c'était Elle. Elle avait vieilli, coupé et teint ses cheveux, pris un peu de poids et changé son nom en Claire ; mais indéniablement c'était elle.

Ils avaient toujours su qu'elle n'était pas morte dans l'attentat de New York. Elle avait magnifiquement opéré pour le faire croire, allant même jusqu'à abandonner sa fille de six mois aux pompiers new-yorkais en se faisant passer pour un simple témoin qui venait de la trouver. Le geste le plus dur qu'elle n'ait jamais eu à faire, mais indispensable pour qu'elles puissent toutes les deux vivre libres et loin de la CIA et de tous ces pourris.  Elle n'avait jamais cherché à savoir qui l'avait recueillie. Pour la protéger.

Qui aurait-cru que la CIA  mettrait autant de temps et d'argent pour la retrouver ? Elle avait cru, à tort, que tout cela était derrière elle.

Elle s'engouffra dans la voiture noire aux vitres tintées qui l'attendait au coin de la rue en se disant que la discrétion n'était toujours pas leur fort même après toutes ces années. Claire ne manqua pas de saluer Mme Dupont à qui elle a demandé de bien vouloir s'occuper des filles à leur retour de l'école et,au cas où elle ne serait pas rentrer à temps, jusqu'au retour de Sébastien.

Pourvu qu'elle ait assez d'une journée pour régler cette « affaire ». Elle savait qu'elle devrait répondre aux différentes interrogations de son mari dans le cas contraire. Elle n'était pas préparé.

Lui qui ne savait rien de son passé. Lui qui a toujours pensé vivre aux côtés d’une femme exceptionnelle à qui tout réussit, une carrière de docteur en biologie de renommée, une vie sociale épanouie et une belle famille unie qu’il ne cessait de lui demander d’agrandir. Mais voilà, derrière cette belle façade se cache une personne au passé inavouable ! La question qu'elle ne cessait de se poser depuis était de savoir si l'amour que Sébastien lui portait lui permettrait de lui pardonner

Elle découvrit avec surprise que Jack l'attendait dans la voiture. Jack, son ancien agent de liaison, et un temps elle l'avait cru, son ami. Mais on n'a pas d'amis quand on travaille pour la CIA. Elle l'avait appris à ses dépends…

- Bonjour Claire

- J'aurais dû me douter que tu étais derrière tout ça. Maintenant que je suis là, est-ce que tu vas enfin me dire pourquoi ?

- Lakshan vient de réapparaitre.

- Impossible, je l'ai tué souviens toi.

- Nous en avons la preuve, Tanya.

- Claire.

- Comme tu veux. Toujours est-il qu'il est en vie et que toi seule sait comment l'approcher et le contacter. Il est désormais une menace principale. Il n'est plus seulement le jeune un peu perdu qui n'a pas choisi la bonne voix. Là il est devenu un gros.

Lakshan... Le père de sa fille... La plus grosse erreur personnelle et professionnelle qu'elle n'ait jamais commise. Un frisson la parcouru à l'idée de le revoir vivant. Jack lui donna une enveloppe.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Notre dernière carte pour te convaincre. Au cas où cette petite famille là ne soit pas assez importante pour toi, on a pensé que la petite Sharmila ou plutôt la jeune adolescente Sharmila le serait... est-ce qu'on t'a dit qu'elle avait été recueillie par la plus charmante des familles qui se trouve travailler pour nous ?